Puces mémoire hors de prix : pourquoi Nintendo résiste mieux qu’on ne le croit

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Console Nintendo Switch 2, concernée par la hausse des prix des puces mémoire DRAM

La « rammageddon » fait trembler la bourse, mais Nintendo affiche encore des leviers que Sony et Microsoft n’ont pas tous au même niveau : Switch 2 en tête des ventes, Mario au cinéma, et une hausse de prix console assumée dès septembre.

Depuis l’été 2025, l’action Nintendo a perdu près de la moitié de sa valeur. Les investisseurs pointent la flambée des puces DRAM, gonflée par les data centers d’IA, et la hausse des coûts de transport ou de change. Pourtant, les résultats publiés le 8 mai 2026 racontent une autre histoire : un exercice 2025-2026 record, suivi d’un exercice 2026-2027 plus prudent, mais pas d’effondrement.

Ce que coûte vraiment la mémoire

La Switch 2 embarque 12 Go de LPDDR5X. Quand la demande serveur monopolise les fabs, les prix contractuels explosent. Nintendo chiffre à environ 100 milliards de yens l’impact combiné des composants (mémoire en tête), des droits de douane et des tensions logistiques sur l’exercice à venir.

Shuntaro Furukawa précise que cette pression n’a « pas eu d’impact majeur » sur la rentabilité hardware l’an dernier, mais qu’elle pèsera « progressivement » à partir de cet exercice. D’où les révisions tarifaires annoncées sur le site corporate : 499,99 $ aux États-Unis et 499,99 € en Europe à partir du 1er septembre 2026 (contre 449,99 $ et 469,99 € auparavant sur la boutique officielle). Au Japon, la hausse est plus rapide, dès le 25 mai, avec une Switch 2 à 59 980 yens.

Sony a déjà relevé le prix du PS5 en mars ; Microsoft a procédé à des augmentations sur Xbox en 2025. Nintendo a temporisé, mais n’échappe pas à la courbe. La différence, c’est qu’elle vendait déjà 19,86 millions de Switch 2 en un an, un démarrage plus rapide que la première Switch à la même étape.

Le marché sanctionne, Mario amortit

Pour l’exercice clos en mars 2026, Nintendo affiche un chiffre d’affaires à 2 313 milliards de yens (+98,6 %) et un bénéfice net à 424 milliards (+52,1 %). Pour mars 2027, le groupe tablerait sur un CA en baisse à 2 050 milliards, un profit net à 310 milliards (-26,9 %) et un profit opérationnel quasi stable à 370 milliards (+2,7 %).

Les prévisions matériel : 16,5 millions de Switch 2 vendues, contre 19,86 millions l’an passé. Logique après une hausse de prix et un marché saturé, mais le parc installé reste énorme pour écouler le logiciel.

Côté catalogue, les investisseurs jugent la pipeline « maigre ». Furukawa promet d’accélérer les sorties, en rappelant que les jeux mettent plus de temps à se faire qu’avant. En attendant, Pokémon Pokopia a surpris positivement, et le film Super Mario Galaxy frôle les 900 millions de dollars de recettes mondiales selon les box-offices agrégés. Merchandising, parcs Super Nintendo World et licences complètent la machine au-delà de la console.

Un modèle moins dépendant du photoréalisme

La comparaison avec PlayStation et Xbox éclaire aussi le débat. Les blockbusters AAA visent des budgets et des tailles d’équipes que la hausse des coûts de développement rend encore plus lourds. Nintendo mise sur des expériences familiales, moins gourmandes en textures 4K et en serveurs live obligatoires.

Les puces chères restent un vrai sujet pour la marge hardware. Elles ne suffisent pas pourtant à expliquer seul le repli boursier : c’est surtout le combo hausse de prix, bénéfice net en recul prévu et calendrier software jugé fade qui inquiète Wall Street et Tokyo. Pour le joueur, la console coûtera plus cher à l’automne ; pour l’entreprise, la trésorerie et l’IP Mario font office d’amortisseur tant que les gros hits software ne tardent pas trop.

Le détail des tarifs et des dates figure dans le communiqué officiel Nintendo du 8 mai. Les chiffres consolidés sont dans la section investisseurs.

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