Peter Jackson tire la sonnette d’alarme sur les Blu-ray collector, vingt ans après les Extended Editions du Seigneur des Anneaux

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Illustration d'étagères avec boîtiers Blu-ray, évoquant le déclin des éditions physiques collector de films fantasy

À Cannes, Peter Jackson pointe la disparition des bonus DVD qui ont marqué les années 2000. Pour les collectionneurs, le constat rappelle aussi ce qui se joue autour des éditions physiques premium, y compris dans le jeu vidéo.

Peter Jackson n’a pas attendu la promo de The Hunt for Gollum pour parler coffrets. Dans une interview accordée à IndieWire le 14 mai 2026, le cinéaste explique que Blu-ray et DVD sont devenus « presque un produit de niche pour les aficionados ». Pour l’homme qui a bousculé le marché du film à domicile avec les Extended Editions du Seigneur des Anneaux, ce n’est pas qu’une lubie de collectionneur : c’est la fin d’un modèle qui nourrissait les passionnés, mais aussi une école ouverte à toute une génération de créateurs.

Quand le bonus devenait le vrai produit

Au début des années 2000, Jackson et son équipe ont traité les sorties DVD comme un chantier à part entière. Des heures de making-of, des commentaires, des documentaires : le coffret des Extended Editions est devenu une référence, presque un objet culte à côté des versions cinéma. Le réalisateur dit avoir reçu des remerciements de personnes qui regardaient ces bonus « encore et encore », parce que cela les poussait à faire des films.

On retrouve la même logique côté jeux vidéo : artbooks, steelbooks, bandes sonores, making-of intégrés. Quand le physique se vend peu, l’édition collector perd son sens économique pour les majors. Les éditions limitées existent encore, mais elles deviennent l’exception, pas la norme.

Moins de ventes, moins de matière

Jackson relie directement la chute des ventes physiques au retrait des studios sur les contenus bonus et les versions longues. « Comme ils ne se vendent qu’en petites quantités, aucun studio ne veut plus mettre de fonctionnalités étendues ni allonger les cuts », résume-t-il. Les director’s cuts et extended editions, autrefois presque attendus sur les gros blockbusters, se font plus discrets.

Le streaming a pris le relais du marché du film à domicile. Jackson le reconnaît sans dramatiser outre mesure : l’industrie a déjà survécu au passage au son, puis à la couleur, avec la même rhétorique apocalyptique à chaque fois. Mais entre « le cinéma va mourir » et « les bonus disparaissent », il y a une différence concrète pour celui qui veut posséder une œuvre, pas seulement la louer sur une plateforme.

Pas de « Mithril Cut », mais un documentaire en stand-by

Sur le Seigneur des Anneaux lui-même, Jackson a déjà fermé la porte à une version encore plus longue que les Extended Editions. Dans un entretien publié par Empire en janvier 2026, il assure qu’il n’existe pas de scènes majeures inédites : une « extended-extended edition » ne serait qu’une version déjà connue avec « quelques secondes en plus ici et là », donc décevante.

En revanche, il évoque un grand documentaire sur le tournage de la trilogie, avec prises alternatives, bêtisier et matériel inédit. Le projet n’a pas encore convaincu le studio, jugé trop lourd à monter. Avec The Lord of the Rings: The Hunt for Gollum prévu pour le 17 décembre 2027, une sortie home video généreuse reste possible après le passage en salles, mais rien n’est annoncé pour l’instant.

Andy Serkis réalise ce spin-off centré sur Gollum, produit par Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens. Le cinéaste se compare à un « parrain » disponible quand on le sollicite, sans imposer sa patte. Pour l’instant, la priorité de Jackson à Cannes, c’était surtout d’écrire la suite de Tintin dans sa chambre d’hôtel. Les Blu-ray collector, eux, attendront peut-être encore un peu.

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