Traysia : le pire JRPG de la Mega Drive revient, et ce n’est pas pour tout le monde

Roy quitte Johanna et promet à Traysia qu’il reviendra riche. Quelques semaines plus tard, le JRPG de Telenet Japan débarque sur PC et consoles modernes via Ratalaika Games. Le problème : ce n’est ni un chef-d’œuvre oublié, ni un port impeccable.
Sorti le 24 avril 2026 sur Steam, PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch, Xbox One et Xbox Series, Traysia (港のトレイジア) ressuscite un titre américain de 1992 jamais sorti en Europe à l’époque. Cinq scénarios, une romance fantastique très années 90, et une réputation déjà sévère à la sortie d’origine.
Un pitch romantique, un rendu qui vieillit mal
L’oncle de Roy le dépose seul dans le royaume de Salon, un garçon incapable de se battre correctement au départ. Une chasse aux monstres organisée par le maître du village se transforme en piège, et l’équipe découvre vite un complot de mages visant à plonger le monde dans le chaos.
Sur papier, cela ressemble à un JRPG classique. En jeu, les décors bruns et verts, les sprites génériques à deux images et les tilesets pauvres rendent la navigation pénible. Le défilement des écrans accuse parfois des saccades qui existaient déjà sur hardware d’époque, pas seulement dans l’émulation actuelle.
Des combats tactiques… et des bugs de déplacement
Le cœur mécanique intrigue davantage. Traysia reste un RPG au tour par tour, mais les affrontements se jouent sur une grille, un peu comme un Shining Force miniature. On peut attaquer et se déplacer dans le même tour, l’ordre dépendant des stats.
Les personnages et ennemis suivent toujours l’axe Y avant l’axe X. Résultat : des blocages prévisibles quand deux unités se croisent, parfois figées face à face sans rien faire. Roy est le roi d’échecs du groupe : s’il tombe, c’est game over. Mieux vaut le garder en défense, d’autant que le bouclier annule presque tout dégât si le timing est bon.
La magie tire en ligne droite, les ennemis frappent ce qui est proche plutôt que la cible la plus faible. Avec un peu de planification, on exploite ces règles. Sans save states ou rewind, la courbe serait bien plus rude qu’aujourd’hui.
Le wrapper Ratalaika : utile, mais brouillon
L’éditeur empile les fonctions modernes attendues : rewind, turbo, sauvegardes instantanées, filtres rétro, jukebox (21 pistes), cheats, achievements et manuel numérique. L’émulation repose sur jgenesis, globalement stable, mais le menu PC pose problème sur écran ultra-large : plein écran étiré ou fenêtre minuscule selon les réglages.
Les shaders ajoutés à des graphismes déjà illisibles empirent parfois la lisibilité. La galerie se limite à une scan de jaquette, loin d’un vrai press kit. Sur Steam Deck en 16:10, l’expérience devient plus confortable, ce qui dit beaucoup sur le soin porté à l’interface desktop.
Pour qui acheter ce port ?
Sur la même Mega Drive, Camelot livrait Shining Force ou Shining in the Darkness. Traysia n’atteint pas ce niveau, ni visuellement, ni musicalement : boucles courtes, notes qui bégayent, piste facilement coupée dans les options.
L’intérêt est ailleurs : documenter un flop historique, comprendre comment Telenet enchaînait les sorties malgré tout, ou retrouver une curiosité jouée à l’époque aux États-Unis. Ratalaika et Shinyuden assument clairement la préservation, pas la réhabilitation critique.
À moins d’aimer les JRPG obscurs pour eux-mêmes, ne l’achetez pas en espérant un diamant caché. Pour une session archéologique avec sauvegardes modernes, la page Steam reste le point d’entrée le plus simple, avec versions japonaise, anglaise et espagnole.
Rédacteur web professionnel spécialisé dans l’univers du gaming, de la pop culture et de la tech. Passionné par l’actualité vidéoludique, les tendances e-sport et l’analyse de jeux.








