MIO : le studio Douze Dixièmes fermé cinq mois après le lancement du metroidvania

Cinq mois après un lancement applaudi par la presse, le studio français Douze Dixièmes aurait fermé. Plusieurs sources du secteur indiquent que l’équipe derrière MIO: Memories in Orbit et Shady Part of Me a cessé ses activités fin juin 2026. Ni le studio ni Focus Entertainment n’avaient publié de communiqué officiel au moment où l’information circulait.
Le metroidvania sci-fi est sorti le 20 janvier 2026 sur PS5, Xbox Series, Switch, Switch 2 et PC, avec un passage day one sur le Game Pass. Développé par Douze Dixièmes et édité par Focus, le titre affichait environ 19,99 euros au lancement. La fiche officielle reste en ligne sur le site de Focus Entertainment.
Des ventes en deçà des attentes
Les retours critiques étaient chaleureux : exploration soignée, direction artistique singulière, combats exigeants dans la lignée de Hollow Knight. Côté commercial, le bilan aurait été bien plus modeste. Lors de la publication de ses résultats le 11 juin, PULLUP Entertainment, maison mère de Focus, a annoncé la cession de sa participation dans Douze Dixièmes aux fondateurs du studio, « d’un commun accord » pour laisser chaque entité poursuivre ses objectifs séparément.
À l’époque, Geoffroy Sardin, PDG de PULLUP, évoquait une équipe « mature » capable de voler de ses propres ailes. Quelques semaines plus tard, le scénario bascule : les fondateurs auraient racheté leurs parts surtout pour gérer eux-mêmes la fin d’activité et les licenciements, plutôt que de subir une restructuration imposée par l’éditeur. L’équipe comptait une dizaine de personnes.
Focus garde l’édition, le studio disparaît
Focus Entertainment Publishing conserve les droits d’édition de Shady Part of Me (2020) et de MIO. Les jeux restent disponibles sur les stores ; seul le développeur disparaît. Douze Dixièmes avait pourtant rejoint le groupe Focus en octobre 2021, après le succès modeste mais remarqué de son premier titre puzzle-plateforme.
La fermeture s’inscrit dans une séquence difficile pour le jeu vidéo français : résultats en forte baisse chez PULLUP (chiffre d’affaires en recul de près de 28 % sur l’exercice 2025/26, perte nette de 12,9 millions d’euros), vagues de licenciements et studios touchés par des restructurations. Streum On Studio avait déjà quitté le giron du groupe en 2025.
Un avertissement pour les indés français
MIO avait pourtant tous les atouts du petit hit de niche : démo jouable, Game Pass, version Switch 2 offerte aux possesseurs du jeu Switch, bande-son soignée. Insuffisant pour amortir cinq ans de développement et une dizaine de salaires. Le cas Douze Dixièmes rappelle qu’un accueil critique positif ne garantit plus la survie d’un studio, surtout quand l’éditeur revoit ses priorités après un exercice dans le rouge.
Les joueurs peuvent toujours découvrir le Vessel, l’immense arche technologique explorée par le robot MIO, sur Steam et les consoles. Mais derrière ce metroidvania soigné, une équipe lyonnaise vient probablement de tirer sa révérence.
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