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Rejouer à Nuketown dans un onglet de navigateur, c’est fini. Activision a envoyé une notification DMCA au développeur Luckey Faraday, auteur de deux recréations web de Call of Duty: Black Ops II et du mode Zombies de Black Ops, bâties avec l’aide d’agents de code IA. Les jeux sont hors ligne, et les posts qui en faisaient la promo ont disparu.
Nuketown et Kino der Toten, sans rien installer
Les projets visés ne cherchaient pas vraiment la discrétion, à commencer par leurs noms. Claude of Duty: Vibe Slops II reproduisait le multijoueur de Black Ops II en free-for-all contre six bots, sur Hijacked et Nuketown 2025. À côté, Kino der Toten remettait sur pied la carte Zombies culte de Black Ops, jouable en solo avec barricades, atouts, Mystery Box et Pack-a-Punch. Le tout tournait dans un navigateur classique, grâce à Three.js, une bibliothèque JavaScript de rendu 3D.
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Faraday a lui-même annoncé la sentence sur X, dans la nuit de vendredi à samedi : « Activision just DMCA’d me for porting CoD games to the browser. » Avant de se demander, mi-amusé, s’il était le premier « vibe coder » à se faire épingler par un gros éditeur. Le message a dépassé les 160 000 vues.
Le contenu exact de la notification n’a pas été rendu public, et Activision n’a fait aucun commentaire. Un détail pèse lourd, pourtant : les pages des deux projets indiquaient que cartes, modèles et animations avaient été exportés directement des versions PC d’origine. La mention « projet de fan non commercial » et l’absence revendiquée de tout lien avec Activision, Treyarch, Microsoft ou Anthropic n’y changent pas grand-chose, et c’est sans doute ce qui explique la rapidité de la réaction.
Une vague de portages web qui agace les éditeurs
L’affaire ne tombe pas de nulle part. Depuis quelques semaines, les recréations de vieux jeux dans le navigateur se multiplient, portées par des outils d’IA capables de sortir du code jouable en un temps record, même pour des gens qui savent à peine programmer. On a vu passer un portage gratuit de Halo: Combat Evolved version Xbox signé Mitchell Hynes, avec coop en écran partagé et multijoueur annoncé jusqu’à 128 joueurs, mais aussi des versions web de GTA Vice City, Skate 3 ou Les Simpson : Hit & Run.

Les ayants droit, eux, ont visiblement décidé de serrer la vis. Moins de deux semaines plus tôt, Take-Two envoyait une mise en demeure au moddeur M0jso, qui préparait un portage natif de GTA V sur la première Switch. Son équipe, Paralympics Productions, a baissé le rideau le 3 octobre, peu après que Rockstar a mis à jour ses règles de modding pour bannir noir sur blanc les portages vers des plateformes non officielles.
Les jeux tombent, l’envie reste
Ce qui a sauté, ce sont les versions jouables hébergées et leur promo. Le dépôt GitHub de Kino der Toten restait accessible au moment des premiers articles sur l’affaire, et une partie de la presse anglophone s’attend déjà à voir des forks refaire surface sous d’autres noms. Le jeu du chat et de la souris ne fait que commencer.
Reste un constat qu’Activision aurait tort de balayer. Si autant de joueurs se sont rués sur un Nuketown bricolé dans un onglet, c’est que l’envie de retrouver les anciens Call of Duty, sans installer 100 Go ni relancer un vieux client, est bien réelle. Une demande que l’éditeur pourrait servir lui-même, plutôt que de la laisser aux bidouilleurs. Faraday, lui, a déjà tourné la page en une phrase : « It was fun while it lasted, boys. »
