Ce n’est pas une P1S repeinte. C’est une machine refaite. Le 14 octobre 2025, Bambu Lab lance la P2S, héritière compacte de la série P, avec le polish de la gamme H2 : extrudeur servo, airflow adaptatif, détection d’erreurs par IA et écran tactile 5 pouces. En Europe, on est à 519 € pour la machine seule, 749 € en Combo avec l’AMS 2 Pro (taxes comprises). Aux États-Unis, ça donne 549 $ / 799 $ hors taxes.
Pour les makers qui sortent des props gaming, des cosplays ou des pièces multi-couleurs sans vouloir un labo, le créneau est clair : volume 256 × 256 × 256 mm, vitesse annoncée jusqu’à 600 mm/s, accélération jusqu’à 20 000 mm/s², et une boîte fermée qui tient ABS / ASA comme les PLA du dimanche. La P série a bâti sa réputation sur les print farms ; la P2S reprend ce format bureau en y collant les outils de la H2.

Ce qui change vraiment sous le capot
L’extrudeur PMSM servo pousse jusqu’à 8,5 kg de force, soit environ 70 % de plus que le prédécesseur. L’architecture lit résistance et position à 20 kHz pour signaler meulage de filament ou bouchon en direct. À côté, l’Auto Flow Dynamics s’appuie sur un capteur à courants de Foucault pour calibrer le débit couche après couche. Sur du haut débit, c’est la différence entre une pièce propre et un plateau à retirer à la truelle.
L’Adaptive Airflow mélange deux idées souvent opposées : aspirer de l’air frais pour le PLA porte fermée, et conserver la chaleur pour les filaments qui gondolent, tout en passant par un filtre à charbon actif. Buse jusqu’à 300 °C, plateau jusqu’à 110 °C, diamètres 0,2 / 0,4 / 0,6 / 0,8 mm, hotend quick-swap à un clip (plus de connecteurs à débrancher). Côté suivi : caméra 1080p éclairée, détection IA des spaghetti, blobs et « air printing », plus les capteurs classiques (porte, fin de filament, enchevêtrement, odométrie, reprise après coupure). Le slicer vérifie aussi le type de plateau et de buse avant le départ, pour limiter les démarrages foireux.

AMS 2 Pro et usage makers / props
Le Combo embarque l’AMS 2 Pro : multi-matériaux, gestion auto des bobines, et séchage actif avec ventilation. Bambu annonce un séchage environ 30 % plus rapide qu’un chauffage simplement scellé. Pour un prop multi-couleurs, une pièce cosplay en PETG ou un support manette en ASA, on reste dans le même flux Bambu Studio / Handy, sans basculer sur une machine « pro » hors de prix. Le filament humide reste l’ennemi n°1 des pièces techniques ; le séchage intégré change vraiment la donne au quotidien.
Le volume cube de 256 mm couvre la majorité des pièces salon / bureau : masques partiels, grips, stands casque, figurines, carrosseries de maquette. On n’est pas sur du grand format type A2L, mais on gagne la cadence, l’enceinte et la stabilité à haut débit. Buse acier trempé d’origine : les composites fibre de carbone / verre ne sont plus une option bricolage. Et non, la P1S ne disparaît pas : elle reste au catalogue pour ceux qui veulent le ticket d’entrée le plus bas ou garder une ferme déjà calée.

Écran 5 pouces, IA, et pour qui ça vaut le coup
Le panneau monochrome d’antan laisse place à un tactile 5 pouces avec UI de seconde génération, guidance pas à pas et live view plus lisible. L’IA ne remplace pas un bon profil, mais elle coupe les ratés nocturnes avant qu’un spaghetti transforme le plateau en sculpture abstraite. Pour un print farm léger ou un atelier makers, c’est exactement le genre de filet qu’on attendait sur une P série. Le timelapse et le suivi distant via Handy restent dans le package, utiles quand on lance une pièce de huit heures avant une convention.
On positionne la P2S entre hobbyiste exigeant et petite prod : assez intelligente pour coller à l’H2, assez compacte et tarifée pour rester desktop. Si on cherche uniquement du PLA monochrome à bas coût, une A1 / A1 mini suffit. Si on veut chambre fermée, multi-couleurs sec, quick-swap et monitoring sérieux pour props, figurines et pièces techniques, la P2S Combo à 749 € (ou 799 $ hors taxes) est l’angle le plus cohérent de la gamme actuelle. Dispo en boutique officielle Bambu Lab, P1S toujours en parallèle. Reste à voir combien de fermes P1 basculeront vraiment, maintenant que l’écran et le servo ne sont plus réservés au haut de gamme.


